QU’EST-CE QUE LE BOUDDHISME ?*

Il est difficile de qualifier le bouddhisme tant l’étendue de son champ d’actions est vaste. Le  terme bouddhisme a été créé par les ethnologues et théologiens occidentaux au 17/18ème siècle. Aucune étiquette de cette nature n’existe en Asie où les différents aspects de ces savoirs, pratiques méditatives et rituels sont autant d’aspects de la vie en général, de la Voie menant au delà de la souffrance.
Une philosophie ? Une religion ? Une science ?

UNE PHILOSOPHIE ?
La philosophie  (Amour de la sagesse) questionne, interprète et analyse le monde et l’existence humaine. Contrairement aux premiers philosophes qui étaient des « Maîtres à vivre », aujourd’hui la philosophie repose plus sur des concepts et des discours théoriques poussés que sur une transformation pragmatique de soi pour accéder au bonheur. L’enseignement bouddhique (dharma) implique étude et réflexion pour affiner nos raisonnements, mais également pratiques méditatives pour faire l’expérience directe des enseignements et du bonheur.
Il ne s’agit pas de croire ou de penser, mais d’en faire l’expérience, car c’est dans l’expérience que la transformation de soi se fait.

UNE RELIGION ?
Une religion suppose un Dieu extérieur créateur du monde et des hommes. L’Homme sera sauvé grâce à sa communion avec Dieu et l’application de ses commandements.
L’enseignement délivré dans les différentes lignées du bouddhisme repose sur le principe que nous sommes chacun responsable de notre vie, de nos illusions et donc de nos souffrances. A ce titre, nous sommes également responsable de notre libération qui résultera de nos intentions bénéfiques, de notre assiduité dans les pratiques méditatives et dans le développement de nos connaissances.
Il existe des aspects qui place le bouddhisme dans les religions : les monastères avec les moines, les rituels, les statues, la dévotion. Toutefois la foi porte plus dans un enseignement et dans sa transmission que dans un être sauveur.

UNE SCIENCE ?
Le bouddhisme est évoqué comme « science de l’esprit » : il y a recherche et étude sur l’esprit et les expériences de l’esprit.
Toutefois, il n’en résulte pas de vérité à adopter comme telle, mais des enseignements relevant plus du partage d’expérience de lucidité  que l’on peut reproduire en état méditatif.
Le bouddhisme n’accepte pas le principe de réalité objective sur lequel se sont longtemps fondées les sciences. Le principe de l’influence subjective de l’observateur dont tient compte désormais la science se rapproche plus des principes expérimentés en méditation, sans toutefois aller jusqu’à la non séparation de l’objet observé et de l’observateur telle que le bouddhisme l’enseigne.

*Tiré de l’Institut d’études bouddhiques

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