Qu’est-ce qui nait ? 

Cinq mots.

Une question simple à premier abord.

 

Pour certains, sentez-vous déjà l’hébétude poindre ?

Pour d’autres, sentez-vous les certitudes affirmer une vérité ?

Dans la même veine que le bouddhisme est une philosophie, une science de l’esprit, une religion(1), un art de vivre et bien d’autres choses… 

La réponse à la question « Qu’est-ce qui nait ? » est conditionnée à ce avec quoi chacun est en contact.

Une âme.

Une intention de vie. 

Des karmas

La vie issue de l’union d’un ovule et d’un spermatozoïde

 

Chacune de ces réponses est vraie pour ceux qui vivent cette réalité (2). 

Les réalités sont multiples, se combinent ou s’excluent, se figent sur elles-mêmes ou s’ouvrent à d’autres. 

 

Le bouddhisme propose une lecture particulière de cette question.

 


Les réponses du bouddhisme.

Le bouddhisme ne cherche pas à nier ces différentes façons de voir. Il les voit comme des réalités relatives qui se côtoient. 

Même la réalité du karma est envisagée sous cet angle.

En revanche, ce qu’il invite à faire, c’est d’aller plus loin.

 


Les (re)naissances conditionnées par nos actes.

Le coeur de la sagesse bouddhiste porte à différencier :

Samsara : Cycle des renaissances dans les mondes de souffrances.
Nirvana : cessation complète des souffrances.

Chacune de ces réponses est vraie pour ceux qui vivent cette réalité.

Dans le Samsara, tout nait, apparait, vit, évolue, disparait, meurt par le jeu des causes et conditions où le karma est un facteur déterminant.

Le karma désigne une action portée par une intention. 

Quand l’action est posée, elle initie un mouvement qui va bien au-delà de l’action posée.

Ce mouvement initial engendre à son tour d’autres mouvements.

Le mouvement qui mène à agir. On agit de façon similaire, encore et encore, sous l’impulsion du mouvement qui se répète. C’est ce qu’on appelle karma agissant.

Le mouvement dormant qui devient une base de fond, latente, en gestation. Les renaissances sont la conséquence des mouvements dormants. C’est ce qu’on appelle karma dormant.

Bouddha énonce que cette dimension dormante ne cesse de nourrir, avec nos actions, une conscience perturbée et la supposition que quelque chose existe (croyance en un Soi permanent). C’est cette supposition qui naît encore et encore.

Dans cette compréhension, toutes les suppositions issues de la conscience perturbées prennent vie. Les renaissances sont en mouvement. 

 


La nature de nos actes donne le ton de la suite

Un exemple.
Voler une pomme.
Intention : nourrir son enfant malgré la pauvreté.

Autre exemple.
Voler une pomme.
Intention : ne pas vouloir la payer bien que les moyens soient là.

Même action.
Intentions différentes.
Résultats différents.

Là où les deux actes généreront les conséquences du vol, les conditions du premier incluront aussi les notions de protection et de sacrifice pour son enfant alors que les conditions du deuxième incluront les notions d’avidité et d’égoïsme.

 


Que faire pour une meilleure vie ?

Et bien tout part de nos actes. 

Le Dalaï l’a dit lui-même.

« Sème un acte, tu récolteras une habitude.
Sème une habitude, tu récolteras un caractère.
Sème un caractère, tu récolteras une destinée ».

-> En prenant soin de la qualité de nos actes et surtout de nos intentions…

Nous influençons les mouvements qui nous dirigent.

Certains actes sont dits vertueux. Privilégions-les.
Ils amènent des rétributions bénéfiques, de bonheur, de joie, de réussite, de paix…

Certains actions sont dits non vertueux. Évitons-les.
Ils amènent des rétributions non bénéfiques, des souffrances, des émotions négatives, des obstacles, des perturbations…

->En pratiquant la méditation du calme mental…

Nous commençons par demeurer stable à l’intérieur de ces mouvements.
Nous développons ensuite une clarté d’esprit permettant de les voir venir.
Nous apprenons à les laisser passer, sans les saisir et donc sans suivre le mouvement qui nous amène à agir (voir Karma agissant ci-dessus).

-> En explorant les mouvements en nous…

Nous apprenons à :

Reconnaître leurs natures,

Discerner ce qui est bénéfique de ce qui génère des émotions perturbatrices et des obstacles.

Amoindrir leur force motrice.

Agir autrement.

 


Alors, que dit le bouddhisme de « moi » ?

Le bouddhisme nous reconnait en tant que nous. Il reconnait que chacun existe et que le moi est là. Mais il dit aussi que ça pourrait être autrement… un peu, beaucoup, complètement. 

Des mouvements sous-jacents sont plus forts que la volonté propre de ce que nous considérons être « moi ». 

Comprendre ce qui agit en nous, le qui et le quoi, est un des leitmotivs de la sagesse bouddhiste expliqué sous différentes formes. 

Apprendre à se regarder autrement. 

 

Dans cette perspective, ce ne sont pas seulement les êtres qui naissent. Ce sont aussi les mouvements que nous entretenons, les habitudes que nous cultivons et les mondes que nous contribuons à créer.

 

Trinley Drolma 

 


=> Envie d’entrer dans l’expérience intérieure en explorant librement ?

Lire et suivre le mouvement de l’article « Un autre regarde sur soi » sur le site Harmoniecroissance.com


=> Envie d’approfondir et mieux comprendre avec une exploration guidée sur un thème tiré de cet article ?

Lire l’article « Qu’est-ce qui agit en nous ? » sur le blog Christelle-hauteville-chadorla.fr


 

(1) Lire sur ce blog Qu’est-ce que le bouddhisme ?
(2) Vérité : Adéquation entre la réalité et l’homme qui la pense. Idée, proposition qui emporte l’assentiment général ou s’accorde avec le sentiment que quelqu’un a de la réalité. Définition Larousse.